Il ou elle était si mignon(ne) quand tu l’emmenais promener à trois ans, en tenant pompon en main … mais, voilà ,il ou elle y a pris goût. Sans le savoir, tu as mis le doigt à l’époque dans un engrenage auquel il te sera difficile d’échapper. Aujourd’hui, la monitrice est venue te trouver pour proposer la participation à son premier concours. Evidemment, juste derrière toi, il y a ton enfant, excité plus que jamais,  qui n’attend qu’une chose : ton approbation.
Sache que cette réponse ne doit pas être traitée à la légère… Tu vas devoir affronter un parcours d’obstacles digne d’un 5 étoiles et les franchir sans faute un à un.

Le matériel

Jusqu’à là, tu avais investi dans le matériel minimum et premier prix pour la pratique de ton loulou. Ce temps est désormais révolu. Le concours est un lieu de représentation. Tapis de selle impeccable et équipement de « pingouinot » obligatoire : bottes dernier cri, culotte et polo immaculés sans oublier bien sûr la veste de concours. Au fur et à mesure des compétitions, tu constateras que les accessoires hors de prix INDISPENSABLES deviennent de plus en plus nombreux en même temps que diminue drastiquement ton budget loisirs personnels.
Un bon plan, voir avec les copines si elles n’ont pas du matériel d’occasion. Les enfants grandissent vite, ça peut être une solution.

« Quelques » jours avant le concours

Tu pensais que la rentrée scolaire représentait LE pic de stress dans l’éducation de ton enfant et bien, tu vas découvrir que tu te trompes.
Depuis l’annonce du concours, tu te lèves cheval, tu manges cheval et tu t’endors cheval. Tout l’univers tourne autour de Pompon et de sa capacité ou non à passer les oxers (mot que tu viens d’ailleurs peut-être de découvrir). Tu pensais qu’il revenait au coach de gérer le concours. Et bien non, tu es partie prenante.

Le matin du concours

Un réveil en douceur avec l’odeur des croissant et du café chaud, tu prends le temps de flemmarder un peu sous la couette … quel doux rêve. Et oui, les dimanches de concours relèvent d’une organisation militaire et démarrent quand le jour n’est pas encore levé. De toute façon, il aurait été compliqué pour toi de rester au lit car, alors que tu bataille toute la semaine pour le lever de l’école, ton loulou est déjà habillé et prêt à partir quand toi tu peines encore à trouver le chemin de la douche.
Il faut ensuite braver le froid pour se rendre au club afin d’aider à embarquer les chevaux et le matériel et puis faire les kilomètres vers le terrain de concours. A l’arrière, trois gremlins surexcités (tu emmènes aussi les copains, copines dont les parents malins ont préféré profiter de leur côté de ce dimanche). Seule obsession alors … à quand le prochain café …

La découverte du parcours

Tu as enfin trouvé une place pour te garer. Bon, c’est un peu loin du camion du club et les abords ne sont pas vraiment stabilisés mais après tout, une journée à la campagne au grand air ça se mérite. Tant pis pour la boue sur tes nouvelles baskets, et le bas de ton pantalon (la prochaine, envisage un style plus adapté, les bottes en caoutchouc c’est moche, mais efficaces).

Tu découvres enfin le terrain de concours. Ils sont sérieux !!! Ils ont vraiment réfléchi en mettant autant d’obstacles. Toi tu galères pour faire apprendre trois pauvres lignes de leçon à ton loulou et ils espèrent qu’il va pouvoir retenir tout un parcours !!! Et puis ils sont très hauts ces obstacles et larges en plus pour certains. D’accord il y a des petits pots de fleurs pour faire joli mais ça ne rend pas le truc moins effrayant. Ca y est, le stress est installé qui ne va désormais plus te quitter jusqu’au moment ou ton loulou redescendra sur la terre ferme.
Mon conseil … respire d’abord un bon coup et dis-toi que la mono connaît bien son affaire. Elle inscrit les enfants en fonction de leurs capacités et puis, dans le pire des cas, les concours sont bien organisés, les secours ne sont jamais bien loin (je n’aurais peut-être pas dû dire cela …)

L’attente

Tu vas découvrir que la notion de temps est tout à fait relative. Ainsi, les heures de ce dimanche de concours vont te paraître immensément longues. Ton loulou passera à cheval environ ½ heure en tout dans le meilleur des cas. Le reste du temps, il trouvera à s’occuper avec ses copains, copines et poneys. Toi, non. Tu pourras échanger un peu avec d’autres parents désœuvrés, boire des cafés (beaucoup de cafés), regarder un peu le concours mais, dans l’ensemble, tu vas t’ennuyer. D’autant que ton loulou aura totalement oublié ta présence. Ton smartphone te tiendra compagnie jusqu’à son niveau de batterie passé dans le rouge.

Le retour

Ton loulou a terminé son épreuve. Super, il est en un seul morceau et a même gagné un flot pour décorer sa chambre. Mais l’heure de la délivrance n’a pas encore sonné. Il faut attendre que TOUTES les épreuves soient terminées pour que les poneys regagnent enfin le camion (ce qui peut prendre un peu de temps vu qu’ils ne sont pas tous complètement coopératifs). De retour au club, les parents des copines, l’air reposé, vêtus de propre, viennent récupérer leurs rejetons. Adepte de la méditation, tu as beau être d’un naturel plutôt calme, lorsqu’ils te posent la question « alors, tout s’est bien passé ? », tu as juste envie de commettre un meurtre sanglant. Et puis, tu te ravises … vraiment plus aucune énergie pour cela, tu n’as qu’une idée en tête : ta baignoire et un bain chaud.